Quand Catherine m'a appelé le mois dernier, elle était perdue. Son avis de renouvellement affichait une hausse de 15 %, et elle ne comprenait même pas ce que couvrait réellement sa police actuelle. Copropriétaire à Longueuil, elle confondait son assurance personnelle avec celle du syndicat. Ce genre de situation, je la vois chaque semaine dans mon cabinet. La vraie question n'est pas « quelle est la moins chère ? », mais « est-ce que vous êtes réellement protégé si un dégât d'eau survient demain matin ? »
Information importante
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en assurance personnalisé. Les couvertures et primes varient selon votre situation, votre propriété et votre assureur. Consultez un courtier d'assurance pour une recommandation adaptée à vos besoins.
- Évaluez correctement votre valeur de reconstruction (pas le prix d'achat)
- Vérifiez les avenants dégâts d'eau : ils ne sont pas inclus par défaut
- Comparez les franchises, pas seulement les primes annuelles
- Copropriétaires : votre syndicat ne couvre pas vos biens personnels
- Responsabilité civile : visez au minimum 1 million $
Pourquoi tant de Québécois sont mal assurés sans le savoir
Soyons honnêtes : la plupart des gens signent leur police d'assurance sans vraiment lire les exclusions. Je ne vous juge pas, c'est du jargon technique dense. Mais le problème, c'est que vous le découvrez au pire moment — quand vous faites une réclamation.
37%
des locataires québécois n'ont aucune assurance habitation
Ce chiffre provient d'une étude Protégez-Vous sur l'assurance locataire, et franchement, ça me préoccupe. Ces personnes jouent à la roulette russe avec leurs biens. Un dégât d'eau, un incendie, et tout disparaît sans compensation.
Côté copropriétaires, la situation n'est pas plus rassurante. Entre 30 % et 35 % d'entre eux au Québec n'ont pas de protection pour les dégâts d'eau, selon les données du Bureau d'assurance du Canada. Ils pensent que l'assurance du syndicat suffit. Erreur.
Sous-assurance : le risque que personne ne vous explique
Dans mon expérience de courtage dans la région de Montréal, je constate régulièrement que la valeur de reconstruction déclarée est sous-estimée de 20 à 30 %. Lors d'un sinistre majeur, cette erreur se traduit par une indemnisation partielle qui laisse les propriétaires avec un reste à charge considérable. Ce constat est limité à ma zone d'activité et peut varier selon les régions et types de construction.
Et le contexte n'aide pas. L'année 2024 a battu tous les records : plus de 9,1 milliards $ en sinistres catastrophiques assurés au Canada, dont une bonne partie liée aux dégâts d'eau et aux événements météo extrêmes. Les assureurs ajustent leurs tarifs en conséquence.
Les critères qui comptent vraiment selon votre profil
Je recommande toujours de commencer par une question simple : êtes-vous propriétaire occupant, locataire, ou copropriétaire ? Parce que vos besoins ne sont pas du tout les mêmes, et c'est là que beaucoup se trompent en cherchant une solution universelle.
Quelle couverture selon votre situation ?
-
Vous êtes propriétaire occupant :
Priorité à la valeur de reconstruction du bâtiment + responsabilité civile 2M$ + avenant dégâts d'eau complet.
-
Vous êtes locataire :
Focus sur la valeur de vos biens meubles + responsabilité civile 1M$ minimum. Vous ne couvrez pas le bâtiment.
-
Vous êtes copropriétaire :
Vérifiez d'abord ce que couvre le syndicat, puis assurez vos améliorations locatives + biens personnels + quote-part.
Si vous cherchez à approfondir cette analyse avec un professionnel qui connaît les particularités du marché québécois, un courtier spécialisé en assurance habitation peut comparer plusieurs assureurs pour vous sans frais directs.
Propriétaire occupant : ce que vous devez absolument couvrir
Votre priorité numéro un, c'est la valeur de reconstruction. Attention : ce n'est pas le prix que vous avez payé pour la maison. C'est le coût pour la rebâtir à neuf avec les matériaux actuels. En 2025, avec l'inflation des coûts de construction, l'écart peut facilement atteindre 30 %.
Ensuite, la responsabilité civile. Le guide Desjardins sur la responsabilité civile confirme que le montant minimal généralement offert est de 1 million $. Personnellement, je conseille plutôt 2 millions $ si vous avez une piscine, un trampoline, ou si vous recevez régulièrement du monde chez vous.
Finalement, les avenants dégâts d'eau. C'est là que ça se corse. La couverture de base ne couvre souvent pas le refoulement d'égout ni les infiltrations par le toit. Vous devez demander explicitement ces protections — et oui, ça coûte plus cher, mais c'est la première cause de réclamation au Québec.
Locataire : vos biens valent plus que vous ne pensez
J'entends souvent : « Je suis locataire, je n'ai pas grand-chose à assurer. » Faites l'exercice suivant : additionnez votre mobilier, vos électroniques, vos vêtements, votre électroménager. Ça monte vite à 30 000 $, parfois 50 000 $.
La prime annuelle moyenne pour un locataire québécois tourne autour de 324 $, soit environ 27 $ par mois selon les données de Protégez-Vous. Pour ce prix, vous êtes couvert si un incendie ou un dégât d'eau détruit tout. Sans assurance, vous repartez de zéro.
Autre point important : votre responsabilité civile. Si vous causez accidentellement un dégât qui affecte l'immeuble ou vos voisins (un bain qui déborde, par exemple), c'est vous qui payez. Visez au moins 1 million $ de couverture.
Copropriétaire : la confusion syndicat/police personnelle
C'est le cas le plus complexe, et celui où je vois le plus d'erreurs. L'assurance de votre syndicat de copropriété couvre les parties communes (structure, corridors, toiture). Elle ne couvre pas vos biens personnels, vos améliorations (cuisine rénovée, planchers refaits), ni votre quote-part de franchise.
Et cette quote-part peut faire mal. Si le syndicat a une franchise de 25 000 $ et qu'un sinistre survient dans votre unité, vous pourriez devoir payer cette somme de votre poche si vous n'êtes pas correctement assuré.
D'ailleurs, si vous avez investi dans un agencement pour valoriser votre maison, pensez à le déclarer à votre assureur. Ces améliorations locatives ne sont pas couvertes automatiquement.
| Garantie | Propriétaire | Locataire | Copropriétaire |
|---|---|---|---|
| Valeur reconstruction bâtiment | Essentiel | Non applicable | Via syndicat |
| Biens meubles | Essentiel | Essentiel | Essentiel |
| Responsabilité civile | 2M$ suggéré | 1M$ minimum | 1M$ minimum |
| Avenant dégâts d'eau | Fortement recommandé | Recommandé | Obligatoire |
| Quote-part franchise syndicat | Non applicable | Non applicable | Essentiel |
Les 4 erreurs que je vois chaque semaine (et comment les éviter)
En accompagnant des propriétaires et locataires depuis plusieurs années dans la grande région de Montréal, j'ai identifié quatre erreurs récurrentes. Je vous les partage pour que vous ne tombiez pas dans les mêmes pièges.
Erreur n°1 : Confondre prix d'achat et valeur de reconstruction. Votre maison achetée 450 000 $ pourrait coûter 550 000 $ à reconstruire aujourd'hui. Si vous êtes assuré pour 450 000 $, vous ne recevrez qu'une indemnisation partielle en cas de sinistre total.
Erreur n°2 : Ignorer les exclusions pour dégâts d'eau. Votre couverture de base protège probablement contre les dégâts causés par une conduite qui éclate chez vous. Mais le refoulement d'égout ? L'eau qui s'infiltre par la fondation ? C'est rarement inclus sans avenant.
Erreur n°3 : Choisir la franchise la plus basse sans réfléchir. Oui, une franchise de 500 $ semble rassurante. Mais elle fait grimper votre prime de façon significative. Si vous n'avez pas fait de réclamation depuis des années, une franchise de 1 000 $ ou 1 500 $ pourrait vous faire économiser 150 $ à 200 $ par an.
Erreur n°4 : Ne pas mettre à jour sa police après des rénovations. Cuisine refaite, sous-sol aménagé, piscine installée — si vous ne le déclarez pas, vous risquez un refus de réclamation ou une indemnisation réduite.
Cas concret : Sylvie, copropriétaire à Laval
J'ai accompagné Sylvie, 52 ans, après un dégât d'eau provenant de l'unité du dessus. Elle était certaine d'être couverte — après tout, elle payait sa prime depuis des années. Mais son avenant dégâts d'eau ne couvrait pas les dommages provenant d'une autre unité. Résultat : réclamation refusée.
Après six mois de négociation avec l'assureur du voisin, elle a obtenu une compensation partielle. Reste à charge final : 8 000 $. Une situation qui aurait pu être évitée avec un avenant de quelques dollars par mois.
Comment comparer efficacement vos soumissions
Quand vous recevez trois ou quatre soumissions, la tentation est de regarder le prix en bas de page et de choisir le moins cher. Mauvaise idée. J'ai vu des clients « économiser » 200 $ par an pour se retrouver avec un trou de couverture de 15 000 $ lors d'un sinistre.
Voici la méthode que j'utilise avec mes clients. Elle prend environ 30 minutes, mais elle peut vous éviter des mois de frustration.
Votre grille de comparaison des soumissions
- Vérifier le montant de couverture bâtiment (valeur de reconstruction, pas prix d'achat)
- Comparer les montants de responsabilité civile (minimum 1M$, idéal 2M$)
- Identifier les franchises par type de sinistre (eau, feu, vol — souvent différentes)
- Vérifier si l'avenant dégâts d'eau est inclus (refoulement égout, infiltration)
- Lire les exclusions principales (sous-sol non aménagé, bijoux non déclarés, etc.)
- Comparer le coût total annuel avec couvertures équivalentes (pas juste la prime de base)
- Vérifier les délais de carence pour nouvelles protections
Conseil de terrain : Demandez à chaque assureur de vous fournir un tableau récapitulatif identique. Ça force la comparaison pommes avec pommes. Si un assureur refuse, c'est généralement parce que sa couverture a des trous qu'il préfère cacher dans les petits caractères.
Une autre astuce : ne vous fiez pas uniquement au prix de la première année. Certains assureurs offrent des rabais d'entrée qui disparaissent au renouvellement. Demandez le prix « stabilisé » après la période promotionnelle.
Vos questions sur le choix d'une assurance habitation
Après avoir lu tout ça, vous avez probablement encore quelques interrogations. Voici les questions que mes clients me posent le plus souvent.
Quelle franchise choisir pour mon assurance habitation ?
Ça dépend de votre capacité à absorber un imprévu. Si vous avez un fonds d'urgence, une franchise de 1 000 $ à 1 500 $ vous fera économiser sur la prime annuelle. Si vous préférez la tranquillité d'esprit, restez à 500 $ — mais attendez-vous à payer plus cher chaque mois.
Puis-je changer d'assureur en cours d'année ?
Oui, au Québec vous pouvez résilier votre police en tout temps avec un préavis (généralement 30 jours). Vous recevrez un remboursement au prorata des mois non utilisés. Attention cependant aux frais d'annulation que certains assureurs appliquent.
Combien de temps faut-il pour que ma nouvelle assurance soit en vigueur ?
Dans ma pratique, le processus typique ressemble à ceci : demande de soumission le jour 1, réception des offres dans les 1 à 3 jours, comparaison et choix autour du jour 7, puis signature et entrée en vigueur vers le jour 10. Certains assureurs peuvent accélérer si vous avez un besoin urgent.
Mon assurance habitation couvre-t-elle automatiquement ma piscine ou mon spa ?
Pas toujours. Une piscine creusée ou un spa extérieur nécessitent généralement un avenant spécifique. Ils augmentent aussi votre responsabilité civile — si quelqu'un se blesse chez vous, les montants en jeu peuvent être considérables. D'ailleurs, si vous envisagez d'installer un spa, consultez d'abord les critères pour choisir un spa de nage avant de penser à l'assurance.
L'assurance de mon syndicat de copropriété me protège-t-elle suffisamment ?
Non. L'assurance du syndicat couvre la structure de l'immeuble et les parties communes. Vos biens personnels, vos améliorations (cuisine rénovée, planchers neufs) et votre quote-part de franchise ne sont pas inclus. Vous avez besoin de votre propre police de copropriétaire.
La prochaine étape pour vous
Choisir une assurance habitation, ce n'est pas cocher la case du prix le plus bas. C'est s'assurer que si le pire arrive — et au Québec, avec nos hivers et nos risques de dégâts d'eau, ça arrive — vous ne vous retrouvez pas à devoir reconstruire votre vie avec vos économies personnelles.
Mon conseil : prenez 30 minutes cette semaine pour revoir votre police actuelle avec la grille de comparaison ci-dessus. Vérifiez particulièrement votre valeur de reconstruction et vos avenants dégâts d'eau. Si quelque chose vous semble flou, appelez votre courtier ou assureur pour clarifier.
Et si votre prime a augmenté de plus de 10 % cette année sans raison apparente ? C'est peut-être le moment de magasiner. Vous pourriez être surpris de ce que vous trouvez ailleurs.
Limites de ce guide
Les montants de primes et franchises mentionnés sont des moyennes québécoises 2024-2025 et varient selon l'assureur et votre profil. Chaque propriété a des caractéristiques uniques (âge, localisation, matériaux) qui influencent la couverture nécessaire. Pour une analyse personnalisée, consultez un courtier d'assurance de dommages certifié.
